Transmis et... à transmettre !

Mon ombre, l'autre moi-même, grandit à mesure que le soleil baissait à l'horizon et c'est à ce stade que la force physique bifurque avec la force morale. Pour se réfugier dans la philosophie des mots, on se résigne à dire qu'il est encore plus difficile d'attraper un chat noir dans une pièce sombre que d'essayer vainement d'empoigner une eau, cette substance insaisissable pourtant tangible. A chaque action, une réaction : se négliger serait un tort et s'effacer conduirait aux remords.

Inzan nneγ (Nos proverbes)
1 – Azekka d-azzekka.
Incertains sont les lendemains.
Une maison privée de grenier est pareille à un village sans fille.
Une maison sans femme, amère est la nourriture qui s'y trouve.
Si l'homme est la base d'un foyer, la femme en est le pilier.
Là où j'espérais trouver éclaircie, j'avais une pluie battante.
Père, on nous sape ! Fils, on profite de notre faiblesse.
Le ventre est profond, résonne mais ne raisonne point.
Seul un âne renie ses origines.
Les insultes ne sont que des mots, les crachats ne sont que de l'eau.
Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras.
L'homme puissant est souvent sans cœur, l'homme de cœur est souvent sans puissance.
Ce qui est dans la marmite, la louche le remontera.
Mieux vaut une vérité qui blesse qu'un mensonge qui réjouit.
La bataille des lions dure un jour, celle des chiens tous les jours.
Les maisons des autres sont pénibles, si elles ne tuent pas elles font maigrir.
Il faut tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler.
Il a mangé avec le chacal et pleure avec le berger.
Soleil de mars noircit l'os.
Il a changé de clan pour une bouchée de pain.
Le bien et le mal dorment dans le même lit pour se séparer, le lendemain, au petit déjeuner.
La blessure creuse et guérit, une offense creuse et ne cesse de tarauder.
Si l'homme est synonyme d'une porte de la vie, la femme en est la clef.
Le mesquin est délaissé même par ses proches tel un aigle blessé que picorent les corbeaux.
On a demandé au mulet : «Qui est ton père ?». Il a répondu : «Mon grand-père est un cheval.»
Vise toujours la lune, même si tu la manques, tu atterriras parmi les étoiles.
Ton secret est ton sang, si tu le laisses s'échapper, tu mourras.
La vérité est amère, son fruit est doux.
La femme mariée à un honorable homme est sollicitée et convoitée, celle mariée à un vil homme fait en sorte de tout ignorer.
Une femme économe vaut mieux qu'une paire de bons taureaux laboureurs.
La femme ne répondant pas à ses tâches est celle accentuant ses taches.
Un ennemi savant vaut mieux qu'un ami ignorant.
L'olivier dit : «Je ternis». La hache répond : «Le manche vient de toi».
Ne sois ni du miel on te lèche, ni même amer on te délaisse.
La langue aimable, le monde est à elle.
Debout tu verras, manifeste-toi tu ramèneras, reste coi tu crèveras.
Celui qui désire le miel doit supporter la piqûre des abeilles.
Qui a perdu la démarche de la perdrix, acquiert celle de la poule.
Qui ne sait d'où il vient ne sait où il va.
Qui n'a pas d'enfants redoute la ruine, qui en a se plaint de tourments.
Une seule main ne peut applaudir.
Il a volé je l'ai vu, il a juré je l'ai cru.
Mauvaise herbe croît toujours.
Nous avions la terre et ils avaient le «livre sacré». Maintenant, nous avons le «livre sacré» et ils possèdent la terre !

Commentaires
Promesse le 06/05/2008 à 21:57:14Superbe composition qui rime très bien avec cette image fantastique.
Ouiza le 06/11/2008 à 23:11:02
Merci pour ces proverbes supers ainsi que pour les très belles photos !!! C'est vrai qu'elle est belle notre chère kabylie et riche notre chère culture !!!
Bonne continuation et bonne chance !
Kahina le 13/09/2009 à 10:49:00
Azul Iris,
Je vous félicite pour votre blog que j'ai eu plaisir à visiter. Je vous souhaite une bonne continuation.