Iris

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Une supplique à l'impossible !

Elle était au bout du tunnel,

La flamme de la chandelle.

On se précipitait vers elle,

Attirés par cette lumière reflétée dans nos prunelles !

 

Déjà vivante en nous,

Pourquoi la chercher par tant de remous,

Par tant d'exacerbations et de courroux ?

Mieux s'impliquer et s'appliquer à l'image d'un fou.

 

Je ne sais si par habitude ou par contrainte sociale que cette complicité se valorise de la sorte en prenant de l'ampleur à mes yeux ! Face à ces injonctions morales, je tombe docilement dans ces sortes d'obéissances passives. Je me précipitais vers ma source éclair. Oh, combien elle est claire à mes yeux ! Elle paraissait lénifiante et vivifiante, de la senteur et de la vigueur de la menthe… Elle m'attire comme elle attire les mouches. Ces dernières, en son contact, se brûlent les ailes et tombent. Ma personne, en son contact, se brûle les yeux et mon monde sombre dans celui de l'aveugle, quand, butant contre un mur, dira que la vie finit là !

C'est chimérique et aberrant à la fois ! Elle est d'une fertilité fade et sans saveur, mêlée à de la douleur utile et inutile, à de la réticence sans poids ni mesure, au silence morbide et engourdissant, à l'amour platonique dans ses effets sarcastiques et sadiques, à l'humilité peinte de farniente forcé, à de la fierté cachée rendant timides nos mouvements délabrés… Elle nous lie à cette vagabonde vie hasardée accueillant la complicité de nos pas fébriles, dorlotant notre conscience servile… Vivre sous la férule de ses attentes interminables ! Vivre sans présent et dans un présent absent ! Vivre sans raison en situant sa personne en dehors des deux hiérarchies sociales. Etre inutile à la société et futile à soi. Mener une vie bâtarde d'un chien sans maître. Etre une ombre chinoise affichée de profil et aiguillonnée de face. Se retourner contre l'inné, attendre de l'acquis, être le savantasse dans sa propre science infuse. La résonnance de ces maux demeure un tambour de mots fantaisistes et le creux est perçu et ressenti ailleurs, dans cet espace imagé où galvauder son verbe fige la conscience, freine son inhibition et refreine son impatience. C'est moi qui devrais vaincre l'ombre pour que la vie atteigne un sens plus noble, du voisinage de la sommité. L'incantation ! La vie plate, uniforme, difforme… Le trou béant. Le vide tentateur. Le noir mystérieux. C'est dans la monotonie que la sensibilité saisit, c'est là qu'elle devient vulnérable au désespoir, c'est dans de tels tempéraments que l'étendue d'une eau calme renvoie le galbe effiloché. Agité, la conscience s'émeut ! Morne, la conscience s'amollit et ternit lentement, discrètement… péniblement !

L'exemple de la plante est atypique et est plus obvie : elle se sustente dans le noir pour s'enorgueillir dans la clarté ! Tout geste et toute parole, agissent-ils à l'appel du subconscient ?

Quelle sensation éprouverait-elle à la vue d'une beauté quelconque, plus simple soit-elle, plus frappante elle est ! Ma vie, la vôtre ! Plutôt porter fraîchement ses lèvres que de se limiter à simplement réjouir ses yeux et de nier l'évidence ! Les sens apprécieraient. L'éducation des sens en demanderait… tant que cela procurait mutuellement du bien ! Le droit d'aimer est sans mesure et sans couleur. On donne et on s'adonne dans cet espace réservé aux gestes silencieux et harmonieux !

Tout a une limite finalement ! En dehors dudit espace, c'est l'autre silence de connivence qui règne face au temps flegmatique obnubilant ! Mû intérieurement par un nouveau reflux de pensées, je demeure figé, timoré, coi, taciturne et me laisse indolemment envahir pour retomber à nouveau dans ces infantilismes distrayants m'érodant en conséquence pour replonger, par naïveté sentimentale, dans l'antipathie morale servant d'épithète à l'aversion physique.

 

Derrière, des raisons nous poussant à nous entretenir

Devant, des horizons à franchir

Tout autour… des saisons à raffermir !

 

                                                                                                                       Iris

 

 

© Tous droits réservés



Article ajouté le 2009-09-18 , consulté 19 fois

Commentaires


Amandine le 22/09/2009 à 19:32:00
Salut Iris,

Un texte qui m'a tellement captivée que j'ai eu beaucoup de mal à m'en extraire. Il est vraiment digne de tous les écrits lyriques que j'ai lus jusqu'à présent. Il m'a tout simplement passionnée. Pour moi, ça a été un vrai coup de cœur et j'ai ressenti un sentiment de vide quand je l'ai terminé.

Toute mon amitié, cher Iris, et bonne continuation !
Amandine C.
T. Delphine le 26/09/2009 à 09:20:17
Bonjour Iris,
Un texte profond et d'une méditation exemplaire...
Chapeau bas cher ami Iris pour cette volupté de vos mots.
Votre blog est varié et intéressant !
T. Delphine.



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